Autour de Fascisme tranquille de Jonathan Durand Folco : sur la définition du fascisme et les stratégies de transformation sociale

Le 4 mars 2025 avait lieu, à l’Atelier d’innovation sociale Mauril-Bélanger, une journée d’étude et de réflexions critiques autour de l’ouvrage Fascisme tranquille de Jonathan Durand Folco (Écosociété, 2025), à laquelle ont participé, en plus de l’auteur, les professeur-e-s Dalie Giroux (École d’études politiques, Université d’Ottawa), Philippe Néméh-Nombré (École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère, Université Saint-Paul), Julie Paquette (École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère, Université Saint-Paul) et Simon Tremblay-Pepin. Deux des commentaires formulés à l’occasion sont ici publiés, le présent de Simon Tremblay-Pepin et celui de Julie Paquette, suivis d’une réponse de Jonathan Durand Folco

Jonathan Durand Folco nous propose un ouvrage à son image. Généreux, touffu, qui démontre une grande curiosité intellectuelle et toute l’érudition qui en découle. L’auteur est préoccupé par la montée du fascisme et tente de saisir le problème en s’ancrant dans le lieu où il vit et milite. Philosophe de formation, il s’attarde à définir les concepts avec précision, mais ça ne l’empêche pas de vouloir ramener l’engagement politique sur le plancher des vaches, là où ça compte, dans nos vies à tous et toutes. Il résiste à l’envie, répandue chez les universitaires, de se lancer à fond dans les débats théoriques et de produire une exégèse détaillée des auteurs et autrices qu’il mobilise. Son texte est écrit clairement et simplement et est accessible à tout le monde.

Le but de cette recension n’est pas d’encenser le livre ni d’en faire l’évaluation, comme on évaluerait un article universitaire ou la demande de subvention de recherche d’un collègue. Je veux, dans les mots qui suivent, entrer en rapport avec ce que le texte met de l’avant sur le fond; je veux engager un dialogue. Je choisis le verbe à dessein, car il s’agit bien d’engagement. Durand Folco nous invite à nous poser la question de ce qu’il faut faire pour « affronter la nouvelle vague autoritaire » et conclut dans son dernier chapitre qu’il faut s’engager politiquement pour le faire. Nous sommes d’accord sur ce point, mais je veux tenter d’écrire ici ce que la lecture de son livre a provoqué en moi, précisément sur ce « que faire ? » actuel qui taraude bon nombre d’entre nous.

Le but n’est pas de contester la lecture proposée par Durand Folco ni d’en faire la « critique »; ni, d’ailleurs, de prétendre que ma lecture de notre situation est meilleure que la sienne. Je souhaite plutôt révéler où nos pensées divergent, où elles empruntent d’autres chemins et où nos réflexes ne sont pas les mêmes, pour tenter de construire cette opposition au fascisme qu’il appelle de ses vœux.

 

De la définition du fascisme

J’ai lu Fascisme tranquille juste après avoir lu The Capital Order de Clara Mattei et Le fascisme tardif d’Alberto Toscano. C’est donc à partir de ces interprétations du sens du fascisme que j’ai lu la définition qu’en propose Durand Folco. Mon collègue est doté d’une grande capacité analytique : il dissèque les concepts, classifie les définitions, ordonne les propos, catégorise et schématise. Son esprit a une grande capacité d’intégration; il ne s’oppose pas à ses adversaires : il les dévore et les digère. Il lit un auteur ou une autrice et peut le faire entrer dans son grand schéma logique, lui trouver une place dans l’organigramme de sa pensée. Après avoir lu une critique, il peut en tenir compte sur l’heure et adapter sa réflexion et son texte en conséquence. Or, le danger d’une telle force d’intégration, c’est la dilution : tout ramener à un niveau de généralité qui ne dit plus rien de théoriquement stimulant. En général, Jonathan Durand Folco parvient à éviter ce piège.

Dans le cas du fascisme, sa stratégie repose sur des strates de compréhension. Dans la première partie de son ouvrage, il tente une définition générale du fascisme comme phénomène social et politique. Pour ce faire, il s’appuie sur les grands classiques de l’analyse du fascisme : le célèbre texte d’Umberto Eco, les ouvrages de Robert Paxton, Karl Polanyi et Enzo Traverso. Dans sa deuxième partie, il creuse la question de la personnalité autoritaire, pour comprendre – si je formule sa question de recherche dans mes termes – quelles subjectivités produisent le fascisme et, en retour, quelles subjectivités sont produites par son avènement. Sur ce dossier, il suit un parcours plus balisé, qui démarre chez Reich et Fromm, passe par Adorno, et aboutit finalement aux travaux contemporains de Bob Altermeyer et d’Eva Illouz.

Où atterrit cette recherche? Sur la scène sociale et politique, il nous propose un fascisme qui s’inscrit à l’intérieur du spectre plus large de l’extrême droite. Le fascisme, selon Durand Folco, est un moment spécifique d’un parcours de radicalisation politique et non un phénomène exceptionnel ou une réalité sociale détachée des autres. Il propose un modèle en quatre temps : le nationalisme conservateur, le fascisme tranquille, les régimes autoritaires et la terreur fasciste. Sur la strate des subjectivités, il nous propose une personnalité autoritaire définie par six traits : la soumission à l’autorité, le conformisme, l’ethnocentrisme, l’attachement à la nation, l’honneur et l’amour. Politique et subjectivités sont rattachées, car la diffusion de la personnalité autoritaire est ce qui permet de passer de l’étape du fascisme tranquille au régime autoritaire. Le reste de l’ouvrage décrit comment le Québec, parvenu, selon lui, à l’étape du fascisme tranquille, connaît cette diffusion de la personnalité autoritaire et promet d’avancer dans l’échelle de la fascisation (pour terminer par quelques propositions qui permettent de résister à cette poussée fascisante, nous y reviendrons).

Dans cette recherche, la question économique est toujours mentionnée comme un facteur favorisant l’émergence du fascisme, mais, à peu près systématiquement, sous le prisme de la notion de précarisation des conditions de vie : l’économie « va mal », les gens en souffrent, ça les rend en colère contre les élites et les étrangers, ils développent une personnalité de plus en plus autoritaire. Si cette approche presque phénoménologique du rapport à l’économie a l’avantage de nous placer dans la peau de ceux qui subissent les conséquences de ces fluctuations, elle laisse de côté les dynamiques plus larges et leur potentiel explicatif.

Le livre de Clara Mattei nous permet d’y réfléchir. Mattei se penche sur les années 1920-1930 pour comprendre comment l’imposition des politiques d’austérité en Italie et en Grande-Bretagne transforme une situation d’après-guerre favorable aux travailleurs et travailleuses en un terreau propice au fascisme et à l’autoritarisme. Elle montre, sans laisser place à beaucoup d’ambiguïté, que le discours sur l’austérité qui se structure à ce moment-là est le même que nous connaissons depuis la fin des années 1970.

Trois constats émergent de la lecture de Mattei qui viennent compléter la proposition défendue dans Fascisme tranquille :

  1. Le fascisme historique se construit, notamment, mais résolument, contre la volonté de démocratisation de l’économie. Or, ce combat en faveur de l’austérité est mené avec la même vigueur en Grande-Bretagne. L’objectif principal est de mettre un terme aux propositions visant la création d’institutions qui auraient permis aux travailleurs et travailleuses de participer démocratiquement au contrôle de l’économie. L’effet concret, dans la réalité tant de l’Angleterre que de l’Italie, c’est d’affaiblir (voire, dans le cas italien, d’anéantir) le pouvoir syndical au sein des milieux de travail. C’est l’idée que Mattei développe sous la notion « d’austérité industrielle » (qui est intimement liée, pour elle, à l’austérité monétaire et fiscale, souvent mieux connues) : l’austérité n’est donc pas seulement une diminution des services publics, mais bien des baisses salariales, des licenciements et des réorganisations internes du travail qui donnent moins de pouvoir aux travailleurs et travailleuses. C’est, au sein des entreprises, l’augmentation du pouvoir des patrons.
  2. Si les travailleurs et travailleuses perdent de l’espace dans la prise de décision économique, ils et elles sont remplacé·e·s par d’autres qui gagnent en pouvoir. Mattei fait une démonstration intéressante en montrant que tant dans le fascisme italien que dans la très libérale Angleterre, il est entendu que les décisions économiques doivent être laissées à des experts, des économistes. Les travailleurs et travailleuses n’ont rien à y voir parce qu’ils et elles sont incompétents sur ces questions. L’autoritarisme, ici, prend une forme particulière sur les enjeux économiques. Les experts se font les porteurs non pas de la volonté politique (même en Italie fasciste), mais d’une « science » extérieure à la politique (« l’économie pure » en Italie, les premiers avatars de l’économie néoclassique en Grande-Bretagne) qui considère l’économie comme une machine et les experts comme de simples techniciens qui nous expliquent son fonctionnement et, bien sûr, la bonne compréhension de ce fonctionnement nous amène à favoriser l’austérité.
  3. Ce n’est donc pas seulement que la précarisation mène à la recherche de sécurité et devient un facteur dans la formation de la personnalité autoritaire. C’est aussi une transformation de la politisation de l’économie. Au lieu de laisser de la place aux personnes directement concernées par les décisions économiques, tant sur les lieux de travail que dans l’espace public, on concentre la prise de décision entre les mains des patrons et des experts. C’est un engrenage clef de la soumission à l’autorité (un des éléments de la personnalité autoritaire présentés dans Fascisme tranquille) au quotidien qu’il ne faut pas oublier. Il est en fait probablement beaucoup plus structurant dans la vie de tous les jours que la soumission à l’autorité d’un grand leader qui n’a que rarement un impact direct sur la vie des citoyen-ne-s.

L’ouvrage de Mattei permet de pointer vers une structure économique de la mise en place du fascisme qui complexifie le portrait. Le fascisme est aussi le produit de la hiérarchisation des structures économiques, aux niveaux macro et micro. The Capital Order montre que l’austérité est à la fois cause et conséquence de ces transformations économiques. Celles-ci créent les conditions sociales qui façonnent les personnalités autoritaires.

Dans son ouvrage, Durand Folco mentionne rapidement Le fascisme tardif d’Alberto Toscano, notamment pour souligner que le fascisme actuel, comme le fascisme historique, est inspiré par les expériences coloniales et s’inscrit dans la domination raciale. C’est, en effet, l’une des idées que le livre de Toscano remet au goût du jour, mais il me semble qu’elle a une portée bien plus grande que celle que lui accorde Fascisme tranquille. En suivant le fil de la personnalité autoritaire, on peut mobiliser Toscano de manière particulièrement productive. C’est un type de personnalité autoritaire spécifique qui naît avec la colonisation. Celui-ci ne correspond pas entièrement à la dualité que pose Durand Folco, s’inspirant de Bob Altemeyer, entre suiveurs et leaders autoritaires. Toscano nous parle d’un troisième type, intermédiaire, celui qui exécute le fascisme dans son application quotidienne : c’est le SS, mais c’est aussi Eichmann; c’est la chemise brune qui bute des socialistes, mais c’est aussi l’économiste qui coupe dans les services publics. Quand Le fascisme tardif explore la « liberté fasciste », il montre qu’une des particularités sous-estimées du fascisme, c’est d’avoir en fait laissé beaucoup de « liberté » aux petits exécutants du projet fasciste qui sont au bas de l’échelle.

De même que l’exécutant du projet colonial peut en venir à exercer son pouvoir sur d’autres humains (parfois en décidant de la vie ou de la mort), le SS ou la chemise noire a la capacité d’agir et bénéficie d’une impunité presque complète tant qu’il obéit aux ordres. Vouloir exercer cette puissance, la désirer, sans pourtant faire partie des dirigeants du régime, mais être le petit exécutant qui profite de la domination immédiate due à l’uniforme qu’il porte, voilà une source importante de la personnalité autoritaire qu’on voit à l’œuvre dans les sociétés contemporaines.

Cet élément, soulevé par Toscano, transforme la dualité mise de l’avant par Fascisme tranquille, où l’on trouve la personnalité autoritaire d’un côté et le leader autoritaire de l’autre (qui devient un super leader quand il s’agit d’un double high). Mais en fait, à lire le reste des chapitres, on se rend compte que Durand Foclo décrit au moins un autre type de personnalité autoritaire, l’intellectuel traditionnel (représenté dans l’ouvrage par Mathieu Bock-Côté), qu’il aurait été intéressant d’intégrer à la typologie générale des personnalités autoritaires. Bref, il manque alors un quatrième personnage révélé par Toscano : l’exécutant du fascisme, qui est à la fois soumis à l’autorité du chef et jouissant de la domination sur les autres. Il est le tyranneau que décrivait la Boétie :

« dès lors qu’un roi s’est déclaré tyran, tout le mauvais, toute la lie du royaume, je ne dis pas un tas de larroneaux et essorillés qui ne peuvent guère en une république faire mal ni bien, mais ceux qui sont tachés d’une ardente ambition et d’une notable avarice, s’amassent autour de lui et soutiennent pour avoir part au butin et être sous le grand tyran, tyranneaux eux-mêmes »

L’expérience coloniale dont nous parle Toscano a la particularité de laisser croire à une vaste part de la population qu’elle pourrait être cet exécutant colonial, sans même que cette potentialité se concrétise entièrement pour chaque individu ou même pour la plupart d’entre eux (occupant ici une fonction idéologique similaire à celle du riche dans la société capitaliste). Le désir – même in potentia – de domination de l’autre par une distinction fondée sur la seule identité ethnique a une puissance sous-estimée. L’expérience coloniale, la possibilité d’être colon, démocratise (au sens où on l’entend pour l’accès à la voiture ou au crédit) l’accès à la domination de l’autre. C’est à ce désir que fait appel le fascisme et c’est l’impression que cette distinction – celle de pouvoir être dominant sur la seule base de son identité – s’étiole qui provoque les réactions face à la vague progressiste des années 2000-2010 que mentionne Durand Folco.

Ainsi, si Fascisme tranquille tente, dans ses premiers chapitres, de montrer comment la subjectivité autoritaire fait le lit du fascisme, Mattei et Toscano mobilisent les exemples de l’austérité et du colonialisme pour emprunter le chemin inverse et présenter les grands faits sociaux comme générateurs de subjectivités spécifiques. L’idée n’est pas de savoir qui, l’œuf ou la poule, est venu en premier. Ce qui est plus pertinent, cependant, c’est de tenter de comprendre notre point d’entrée pour briser la dynamique fascisante : où doit-on agir? À quelle étape du processus? C’est une question qu’abordent les dernières sections de Fascisme tranquille.

 

De la transformation sociale

La troisième partie de l’ouvrage se consacre à présenter ce qu’il est possible de faire pour résister à la montée du fascisme. En résumant à gros traits, Durand Folco s’attaque aux débats de la gauche politique québécoise (entre ce qu’il présente comme une gauche universaliste et une gauche identitaire), propose de centrer le combat sur l’opposition entre multitudes et oligarchie et, enfin, de réhabiliter la diversité des tactiques pour offrir une résistance au fascisme sur tous les fronts disponibles.

On pourrait bien sûr discuter des détails de cette proposition (par exemple, je ne saisis pas complètement la valeur stratégique de parler de multitudes plutôt que de peuple, ni d’ailleurs à quel niveau – philosophique? politique? communicationnel? – se situe cet usage qui en est proposé), mais ce n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est le type de geste et les lieux d’action que Durand Folco considère importants ; les gestes précis qu’on pose et les mots spécifiques qu’on prononce peuvent varier au gré des contextes.

Or, c’est peut-être ici que nous différons le plus. La question qui compte le plus pour moi est celle des « infrastructures de la résistance » que Fascisme tranquille mentionne au passage et qu’on doit au sociologue canadien Alan Sears qui les définit comme : « the range of formal and informal organizations through which we develop our capacities to analyze (mapping the system), communicate (through official and alternative media channels), and take strategic action in real solidarity. » Pour comprendre ce qu’on peut faire pour lutter contre le fascisme, il faut d’abord savoir ce que nous avons : dans quel état (financier, politique, structurel) sont ces organisations au Québec? Où nous positionnons-nous? Où avons-nous l’avantage sur nos adversaires? Où sommes-nous, à l’inverse, en position de désavantage ? Quel est l’état général de notre rapport de force? Qui sont les personnes impliquées dans ces organisations et quel est leur état d’esprit? Quel public ces organisations rejoignent-elles ? Quel type d’actions les militant-e-s qui y participent sont prêt-e-s et capables de mener?

Voilà les questions que je me pose quand je pense à la résistance au fascisme au Québec. Or, le portrait que j’en fais, en 2026, est plutôt sombre. Certains mouvements sociaux vivent des périodes de repli ou d’apathie; d’autres sont sous attaque constante. Nos organisations idéologiques ont une portée extrêmement limitée. Le repli sur soi et l’impression que les médias sociaux sont l’alpha et l’oméga du militantisme sont encore très prégnants chez nos plus jeunes militant-e-s. Le moral des troupes n’a rien à voir avec celui de la période 2008-2019.

Cette différence de focalisation est probablement due à une différence de personnalité entre l’auteur du Fascisme tranquille et moi, et nos deux approches sont, en bout de piste, plus complémentaires qu’opposées. N’empêche, lire les derniers chapitres de l’ouvrage m’a fait dire constamment : oui, peut-être, mais qui va faire ça? Où? Avec quels moyens? Le problème avec ma réaction, bien sûr, est qu’on n’écrit pas un livre sur les problèmes organisationnels de tel groupe ou de tel mouvement. Ce serait une littérature bien ennuyeuse, qui perdrait vite de sa pertinence, car les situations internes évoluent très rapidement.

Néanmoins, si on était sérieux, si on sentait vraiment le fascisme à nos portes, si on craignait vraiment pour nos vies, je me demande si nous continuerions à faire ce que nous faisons. Est-ce que ce que nous propose Jonathan Durand Folco, ou encore je que je fais tous les jours dans mon militantisme, correspond réellement à « affronter la nouvelle vague autoritaire » ? Si je pose la question, c’est que j’ai l’intime conviction que non, en fait. J’ai l’impression qu’on parie sur la stabilité, qu’on ne croit pas encore que tout va changer pour vrai, qu’on aime le confort dans lequel on est, que changer les organisations autour de nous pour qu’elles soient efficaces pour résister au fascisme, c’est un travail colossal et qu’on sent que personne n’a vraiment le goût de faire cet effort imposant non plus… Que le confort de nos habitudes lentes, tranquilles et remplies de wishful thinking et d’inefficacité candide nous importe bien davantage que le reste.

Peut-être sommes-nous justement à la frontière de l’implication qui aurait un impact? Peut-être le Fascisme tranquille est-il le livre du bord de la piscine? Pas celui qu’on lit sur son patio en train de sécher, mais celui qui traduit la place inconfortable qu’on occupe alors qu’on s’apprête à sauter dans une piscine d’eau fraîche et qu’on hésite, apeuré par cette brusque baisse de température? Si c’est le cas, c’est un ouvrage heureux, de transition, qui ouvre la porte à la suite. Je nous le souhaite.