Femmes migrantes et intégration économique : construire une « bonne » citoyenneté par l’entrepreneuriat au Québec

Description du projet
Malgré la représentation croissante, à l’échelle mondiale, des femmes entrepreneures comme moteurs de croissance économique, l’intersection entre entrepreneuriat féminin et migration demeure relativement peu étudiée. Ce projet vise à combler cette lacune en s’appuyant sur un corpus qualitatif de 60 entretiens approfondis réalisés dans le cadre de mon stage postdoctoral Banting afin d’examiner comment la racialisation, les inégalités de genre, la langue, la classe sociale et les barrières institutionnelles façonnent les trajectoires entrepreneuriales des femmes migrantes au Québec.
 
À partir d’un cadre intersectionnel, l’étude analyse la manière dont les femmes migrantes négocient une forme de « bonne » citoyenneté à travers des pratiques entrepreneuriales au sein des régimes d’intégration civique, tout en mettant en lumière les contextes méso-sociaux, tels que les organismes communautaires, les programmes de formation, les parcours migratoires et les défis liés au marché du travail, qui structurent leurs expériences.
Cette recherche contribue aux études féministes, sociologiques et migratoires en ancrant la théorie intersectionnelle dans un riche matériau empirique et en montrant comment les discours de responsabilisation individuelle fonctionnent comme des technologies de citoyenneté pour les femmes migrantes racialisées.
 
Les résultats mèneront à la publication de deux articles évalués par les pairs et offriront des pistes de réflexion aux décideur·euse·s politiques, aux ONG et aux organismes communautaires souhaitant développer des approches plus équitables et sensibles aux contextes de l’intégration socio-économique des femmes migrantes, contribuant ainsi aux débats sur la justice sociale et la citoyenneté inclusive dans un contexte de mobilité mondiale, de précarité et de gouvernance racialisée du travail.

Axes de recherche :
Émancipation
Action sociale