Commentaires sur : Spontanéité et Révolution https://crits.ustpaul.ca/raisons-sociales/articles/spontaneite-revolution/ Archive Raisons sociales Sun, 09 Jun 2019 13:47:41 +0000 hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.6.20 Par : Philippe de Grosbois https://crits.ustpaul.ca/raisons-sociales/articles/spontaneite-revolution/#comment-638 Fri, 04 Jul 2014 09:08:09 +0000 https://crits.ustpaul.ca/raisons-sociales/?post_type=articles&p=175#comment-638 Très intéressant! Je connaissais le rôle des fans de foot en Turquie, mais pas en Égypte. Il est vrai aussi qu’il y a eu peu de réflexion soutenue, jusqu’à présent, sur les failles des soulèvements des dernières années, notamment leur difficulté à s’inscrire dans la durée.

Par ailleurs, en associant (de manière plutôt implicite, peut-être ai-je mal saisi) spontanéité et actions sur le web, l’auteur reconduit des stéréotypes désormais classiques: l’engagement dans l’espace numérique est superficiel, émotionnel et momentané, alors que l’organisation dans la rue (la « vraie ») est beaucoup plus sérieuse et soutenue. Ce genre d’opposition ne tient pas la route lorsqu’on y regarde de plus près. Pour prendre le seul cas de l’Égypte en 2011, quelques exemples d’organisation non-spontanée sur Internet: l’utilisation de l’outil Tor, permettant aux activistes de communiquer sans être retracé par les autorités, la divulgation par WikiLeaks de câbles sur l’Égypte pour nourrir la critique du régime et montrer ses appuis parmi les puissances occidentales, des campagnes de perturbation de sites égyptiens orchestrées par Anonymous, et enfin, la mise en place d’un réseau de communication alternatif lorsque le gouvernement « débranche » Internet. Pour tous ces exemples, rien de spontané mais au contraire, le fruit d’un travail patient de plusieurs années.

Je trouve décevant que 3 ans après les faits, on utilise encore des expressions telle que « révolution Facebook », dont à peu près personne de miniminalement crédible et à gauche ne se réclame à ma connaissance. À peu près personne à gauche ne soutient que les révolutions « se font sur Facebook » non plus. De telles expressions font oeuvre de repoussoir commode, rien de plus. En ce qui me concerne, la seule « révolution Facebook » arrivera lorsque les gens largueront Facebook, ce bidule qui dépasse les rêves les plus fous des officiers de la Stasi est-allemande.

En ce sens, sur cet aspect, l’auteur défonce une porte ouverte, à mon avis. Les travaux de chercheurs et d’activistes sur le numérique sont beaucoup plus riches que ce qu’il laisse entendre. C’est d’autant plus dommage que ces travaux portent très souvent sur le « comment frapper », qui est justement la préoccupation de l’auteur.

Pour le reste, bravo et merci! Ça fait certainement réflechir.

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