Gordon Lefebvre – 3. Le reflux
Simon Tremblay-PepinGordon Lefebvre aborde la création des organisations maoïstes, Marxistes-Léninistes et leur déchéance. Il nous partage aussi quelques réflexions sur le syndicalisme et le travail intellectuel.
Première partie: http://www.youtube.com/watch?v=-OK__Oq2cLg
Deuxième partie: http://www.youtube.com/watch?v=s_gkoPTs05o
Une vidéo de la revue Raisons sociales – www.raisons-sociales.com
Montage: Bálint Demers.
Caméra: Simon Tremblay-Pepin.
Entrevue: Eve-Lyne Couturier, Jonathan Durand-Folco, Philippe Hurteau, Eric Martin, Simon Tremblay-Pepin.
J’apprécie le témoignage de monsieur Lefebvre et je partage le fait qu’au début des années 80 s’est amorcée un reflux «militant» qui a touché la société québécoise tout entière et pas seulement les groupes dits maoïstes. Au cours de ce reflux , le mouvement marxiste-léniniste s’est effondré, certes, mais les syndicats de leur côté sont devenus surtout des «gestionnaires» de conventions collectives et de fonds pour aider la petite et moyenne entreprises québécoises, abandonnant du reste leur rôle important qu’ils jouaient dans la résistance populaire, les groupes populaires eux-mêmes se sont repliés sur leur seul mandat, etc. Ce reflux militant s’est d’ailleurs observé dans tous les pays occidentaux. Aussi, si les groupes marxistes-léninistes ont erré au Québec, on a pu observé également la même situation ailleurs, notamment dans une grande partie des pays européens et aux États-Unis.
Comprendre à l’aide d’une analyse matérialiste les conditions historiques, sociologiques et politiques qui ont permis l’émergence et l’effondrement les groupes de gauche m-l est la seul issue pour ne pas répéter les erreurs du passé. Un tel bilan objectif, – non avare d’une analyse complexe – n’a jamais été fait à ma connaissance. On ne peut donc sans tenir à des critiques d’attitudes (Charles Gagnon n’écoutait pas…) de l’un ou l’autre des représentants de ces groupes pour expliquer l’échec de ce mouvement comme le suggère Gordon Lefebvre. Les mouvements de gauche actuels gagneraient à ce qu’une telle analyse soit faite, pour en éviter la répétition, car on risque alors de ne faire que des changements formels ou de verser dans la social-démocratie «radicale». Ce qu’ont fait bien des militants m-l sans compter ceux qui se sont repliés sur eux-mêmes, abonnant carrément la lutte politique, pour ne pas parler de ceux qui sont devenus des porte-paroles très articulés de l’idéologie néo-libérale.