Commentaires sur : La critique culturelle et la pensée socialiste https://crits.ustpaul.ca/raisons-sociales/articles/critique-culturelle-pensee-socialiste/ Archive Raisons sociales Sun, 09 Jun 2019 13:47:41 +0000 hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.6.20 Par : Valérie Lefebvre-Faucher https://crits.ustpaul.ca/raisons-sociales/articles/critique-culturelle-pensee-socialiste/#comment-1792 Tue, 12 May 2015 20:35:53 +0000 https://crits.ustpaul.ca/raisons-sociales/?post_type=articles&p=244#comment-1792 Cet article fait des ponts bien utiles. Il y aurait beaucoup à en dire.

Je remarque dans le texte une étrange confusion, un malaise. Parle-t-on de la culture comme d’un ensemble de pratiques artistiques, comme d’une industrie du divertissement, comme d’une histoire commune, un savoir individuel, l’esprit de l’époque… ? Je ne sais plus trop et cela rend la réponse difficile. Mais le choix de Tremblay-Pepin de parler de tout cela en même temps révèle sans doute une insatisfaction par rapport aux définitions traditionnelles du mot, peut-être aussi une volonté de dépasser ces cloisonnements entre art, politique, philosophie, vie…

Le problème avec la forme postmoderne

Il y a justement des artistes, des créateurs, qui ont décidé il y a longtemps de refuser que l’art ne reste « à sa place » et qui considèrent leurs œuvres comme des actions politiques (entre autres). Ce sont les performeurs, les absurdes, les anonymes, les rémixeuses, toute cette bande de postmodernes dont vous, mes ami.e.s ayant eu une formation en sciences sociales, vous méfiez comme s’iles tuaient le politique en voulant le transformer, en voulant y participer. Pour eux, pour moi, le Parti Rhinocéros est une œuvre littéraire, L’Insurrection qui vient est une œuvre littéraire. Et il se trouve encore des gens pour les traiter de formalistes.
Vous n’établirez jamais de dialogue avec les artistes contemporain.e.s si vous ne baissez pas la garde et si vous continuez d’attendre d’eux et d’elles des œuvres engagées dans le contenu, mais bien « à leur place » dans la forme. Si vous voulez des libertés guidant les peuples derrières les vitres des musées, vous n’aurez d’allié.e.s que dans les anthologies. Pire : vous continuerez de manquer quelque chose.
J’aspire donc comme vous au décloisonnement des discours, qui permettra d’étendre les compréhensions au-delà des champs d’expertise, car c’est après tout dans les attentes et les codes de nos disciplines respectives que nous sommes les plus éloignés.
En revanche, ces créateurs dont je parle, s’iles souhaitent que leur œuvre agissent dans le monde, sont eux aussi conditionné.e.s par leur formation et leur sous-culture. Je comprends que vous trouviez souvent leurs propos timides, leurs analyses naïves. Mais si vous vous intéressez à la forme, justement, j’espère que vous verrez qu’iles compensent certaines affirmations fragiles par des modes d’expression qui laissent exister le doute, l’inconfort, l’amour, l’imprévu. Les artistes gagneraient à se nourrir de la pensée critique, et les philosophes pourraient amener leurs idées plus loin avec la création. À bas la hiérarchie entre ces stratégies complémentaires de la pensée! L’art est comme la philosophie une critique de la culture.

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