
Comment imaginons-nous et créons-nous, depuis les mondes que nous habitons, ceux que nous voudrions habiter ? Crises, fins du monde, dystopies, impasses, dangers ; si les échelles, les temporalités et les mots et images pour en témoigner se déplacent, les formes et les lieux de ce qui doit cesser, de ce qui est à régler, de ce qui est à transformer ou à changer sont à la fois multiples et interreliés.
Des violences coloniales et raciales qui se perfectionnent depuis au moins le milieu du 15e siècle au ressac antiféministe et transphobe contemporain, des conditions de travail aux crises du logement qui se succèdent, de la surveillance des populations aux guerres algorithmiques, les urgences sont autant ponctuelles que durables, autant passées que présentes, autant locales que globales. C’est cela, notamment, que s’affairent à documenter et à exposer les différentes approches critiques savantes, artistiques et militantes ancrées dans des approches anticapitalistes, féministes, queer, antiracistes, décoloniales et/ou antifascistes. Mais au-delà du diagnostic, les mondes dans lesquels nous sommes sont également le terrain pluriel des mondes à faire, le locus de la planification, de l’innovation, de la transformation, de l’improvisation des possibles ; le terrain pluriel des utopies, de leurs conceptualisations et de leurs matérialités.
Les arts et les expressions culturelles, à cet égard, ont le potentiel de jouer un rôle de premier plan. S’il ne s’agit pas de suggérer que ceux-ci sont nécessairement émancipateurs ou même en rupture par rapport au statu quo, les arts et les expressions culturelles, en revanche, seraient peut-être – c’est là une hypothèse que nous vous soumettons – un lieu privilégié pour échapper à la capture des formes de représentations et de projections dites légitimes.
Entre la représentation du présent tout comme du passé et l’imagination et la création de ce qui n’est pas (encore), le geste artistique a le potentiel de résister, de mobiliser, de défaire, de refaire, de proposer et de tenter.
Quelle est la matière de ce qui est imaginé et créé par l’art et les artistes, de ce qui l’a été et peut l’être, et comment ne pas la capturer, la limiter, la restreindre ? Quelles formes, quelles pratiques, quelles méthodes, quels matériaux peuvent être mobilisés pour imaginer et créer d’autres possibles ? Et qu’est-ce que ces deux processus, l’imagination et la création, peuvent éventuellement annoncer ou suggérer comme écueils, comme ratés, comme récupérations, voire comme poursuite du statu quo ? Ensuite, que permet ou empêche le topos de l’utopie, et comment interagit-il avec les différentes conceptions de l’imagination et de la création transformatrices ? Et comment l’art et les artistes investissent-iels ce qui n’est pas (encore) et alimentent-iels en retour la pensée critique et sociale dans l’urgence ?
Ce colloque international se déroulera les 6, 7 et 8 novembre 2025, dans quatre lieux de la région Ottawa-Gatineau : l’Atelier d’innovation sociale Mauril-Bélanger (Université Saint-Paul), la Galerie SAW, AXENÉO7 et L’espace DEP Sylvestre.
Lieux :
6 novembre : Atelier d’innovation sociale Mauril Bélanger, 95 rue Clegg, Ottawa
7 novembre : Galerie SAW, 67 Nicholas Street, Ottawa
8 novembre AM : L’espace DEP Sylvestre, 230 rue Montcalm, Gatineau
8 novembre PM : AXENEO7, 80 rue Hanson, Gatineau





